Titre: I met a boy called Peter Pan. [DEMOLITION
Auteur: Rachel.
Rating : PG-13
Couple: Ryden.
POV: 1re personne=Ryan; 2e personne=Brendon.
Résumé: Ryan est Wendy, Brendon est Peter Pan, et l'asile se transforme en fabuleux pays imaginaire.
Author Notes: C'est vieux tout ça. v__v Mais bon, ça ressuscite RE et Yahourt aime cet OS. (L)
PREPAREZ VOS MOUCHOOOOOOOOIRS. 8D
*genre*
Bon, cet OS est censé être triste, mais il est vieux, j'l'aime plus trop, j'suis sûre que j'pourrais faire beaucoup mieux...*sa gueule*
Euhh. Enjoy? é_è
« Les cordes des violoncelles frissonnaient mollement tandis que le violon soliste entamait la mélodie principale du Printemps sans grande conviction. Un modeste présent que vous offrait l'hospice pour éveiller votre quotidien monotone et déprimant. Un petit orchestre servant de papier cadeau, brillant par le scintillement de ses cordes, pour vous présenter à vos nouveaux stagiaires: nous, quelques internes inexpérimentés. Les notes graves des contrebasses faisaient déjà vibrer nos c½urs lorsque nos regards se sont croisés pour la première fois. Vous étiez tous en transe devant le groupe de musiciens sauf...toi. Tu tournais frénétiquement la tête, en proie à l'ennui, tapotant légèrement tes doigts contre tes genoux pour battre la mesure. Je te regardais, amusé, un petit sourire s'exhibant sur mon visage. Et nos yeux se rencontrèrent. Une explosion de joie naquit subitement dans tes pupilles. J'étais effrayé, je ne savais pas ce que j'avais déclenché. En toute hâte, tu te dépêchas d'attraper le sac en bandoulière que tu trimballais partout. Je vis voltiger dans tes doigts rapides un crayon, un bout de papier et tu tendis fièrement devant toi le début de notre existence. Une question était marquée sur la feuille.
"WENDY?"
Ta tête inclinée, tes sourcils arqués, et une claque que j'entends encore dans les tréfonds de ma mémoire. L'infirmière était apparemment fatiguée de ton attitude désinvolte, elle attrapa le coin de la feuille, le lut, soupira avant de le jeter par terre d'un air exaspéré. Tes yeux fixes demandaient encore une réponse. Je secouai lentement ma tête. Tu fondis en larmes.”
~
Une pause.. Ryan se voile le visage de ses longs doigts osseux. Ses épaules sursautent deux ou trois fois. Un reniflement. Ryan reprend.
~
Nous fûmes présentés l'un à l'autre peu de temps après. Chacun des malades devait choisir l'étudiant qui allait s'occuper de son cas. Toi, tu m'avais désigné sans hésiter, un sourire trop large tranchait ton visage encore baigné de larmes.
"On m'appelle Brendon Urie. "Déclaras-tu d'un ton solennel. Tu tournas la tête à droite, à gauche, comme si tu voulais vérifier que personne n'était dans les parages, avant de me chuchoter à l'oreille.
"Mais en vrai, je suis Peter Pan."
~
Nouvelle pause. Ryan arbore désormais un petit sourire pincé. Ses traits fatigués des derniers jours s'effacent.
~
En fait, je n'avais pas grand-chose à faire, le nom “Ryan Ross” était juste associé à ton dossier. On ne se voyait pratiquement jamais. Mais la septième nuit après notre premier et dernier tête-à-tête, tu entras dans ma chambre d'un air inquiet alors que je terrassais des monstres fascinants avec un grand sabre argenté, et que la foule acclamait, émerveillée de mes exploits.
"Wendy? Ca va pas..."
J'entrouvris les paupières et tout disparut. Il ne restait que l'image d'un garçon triste, la tête baissée. Tu levas vers moi tes grands yeux larmoyants.
"Wendy, j'ai peur... je ne retrouve plus mon ombre..."
Je ne comprenais rien. Tes mots s'embrouillaient d'eux-mêmes et ta bouche pâteuse n'arrivait à rien formuler correctement. Voyant le manque de réaction de ma part, tu t'assis à côté de mon lit et essuyais doucement tes larmes. Je me positionnai à tes côtés avant de t'enlacer tendrement. C'était tout ce que je pouvais faire. Quelques minutes silencieuses après, un nuage démasqua la lune et un rayon terne de l'astre vint caresser nos dos, faisant apparaître deux ombres noires qui ne faisaient plus qu'une.
"Elle est là. On dirait qu'elle aime bien la tienne."
Ta main caressa maladroitement la surface noire et un sourire attendri se dessina sur tes lèvres humides. Rassuré, tu nichas ta tête dans le creux de mon cou et tu te glissas dans les bras de Morphée. J'essayai plusieurs fois de te hausser jusqu'au lit, mais sans succès. Tout ce qu'il me restait à faire était de regarder ton visage paisible, tes paupières closes et sentir ton c½ur battre près du mien.
Depuis cette soirée, j'allais souvent te voir et on marchait, main dans la main, entre les pétunias et les boutons d'or florissant au soleil, qui jonchaient les petits chemins ensablés du jardin de l'hospice. Et c'était là, au clair de lune, juste sous les longues feuilles argentées du saule pleureur que nous nous étions embrassés pour la première fois. Ridiculement romantique. Mais toi, tu te contentais, avec ton énorme sourire habituel et de l'amour dans tes yeux, de dire que c'était le plus beau jour de ta vie.
Grâce à ton imagination sans limite, chaque jour, les troncs des arbres devenaient d'immenses mâts dont on ne voyait même pas les sommets, l'herbe se transformait en océan dont les vagues sauvages s'écrasaient de tous côtés, nous nous guerroyons contre des pirates invisibles et quand le capitaine Crochet tombait enfin dans la gueule du Crocodile Tic-Tac, quand nos combats épiques prenaient fin, nous nous jetions sur le gazon en riant, et finissions toujours par faire l'amour sur la proue du bateau improbable pour les autres, mais bien réel pour nos pauvres yeux aveuglés , mais animés d'une joie puérile et manipulatrice. Les autres internes s'inquiétaient de mon état mental, mais je ne croyais pas du tout être pris de violentes hallucinations. Je pensais que je voyais au-delà ce que leurs regards ternes et mornes pouvaient apercevoir. Grâce à toi, moi aussi je pouvais percevoir l'écume cachée entre les brins d'herbe, sentir le parfum de la mer dans la brise matinale et entendre les cris des mouettes, sans pour autant distinguer leur silhouette blanche dans le ciel candide. Les autres? Je les plaignais. Toi, tu étais mon sauveur, ma lumière. Il n'y avait plus de Ryan sans Brendon, plus de Wendy sans son Peter Pan.
Le soir, tu te glissais dans ma chambre et me rejoignais dans mon lit. Nous comptions les étoiles à travers ma grande fenêtre et lorsque l'hiver arrivait, on faisait des petits dessins grâce à la buée formée par nos expirations. Nos aventures apparaissaient sur le verre chaud, avant de s'évanouir derrière les milliers de petits c½urs que tu dessinais pour moi.
~
La respiration de Ryan ralentit. Son regard devient trouble et rêveur. Il a oublié la pluie battante, ruisselant sur son texte trempé. Il le connaît par c½ur après tout. Ryan relève sa tête vers son public, toussote pour éclaircir sa voix. Il reprend.
~
On aurait pourtant du se rendre compte que notre obsession l'un pour l'autre allait trop loin. Au bout d'un moment trop court, on nous avait séparés, ils disaient que je jouais avec toi au lieu de te soigner. Tu fus confié à un autre. Mon c½ur, comme une fleur, se fâna lentement.
La dernière fois que je te vis, tu tournais lentement la manivelle d'un minuscule carillon, assis par terre, ton dos appuyé contre mon lit. L'exacte position du soir de notre première rencontre.
"Toutes ces histoires, c'était dans nos têtes, pas vrai?"
Ma mâchoire se décrocha. Tu avais employé un ton méprisant, hargneux, dur...méchant? Une fois ta tête relevée, tes grands yeux démontraient le contraire. Instinctivement, je me baissai à ta hauteur pour pouvoir te prendre dans mes bras, t'embrasser, te raconter combien tu m'avais manqué, combien notre monde était beau par rapport au leur, combien il se trompait...
"Tais-toi. Je sais que tout est dans ma tête."
Tes doigts continuaient machinalement d'agiter la petite poignée musicale.
“J'ai pris cinq centimètres cette année.”
Ta voix était grave, tu avais mué. Tu n'étais pas un enfant qui ne grandissait pas. Lentement mais sûrement, tu deviendrais un adulte, et cette transformation nous sortirait tous deux de notre stupide rêverie.
Tout.
Se.
Briserait.
~
Ryan s'humidifie les lèvres. Il jette un regard rapide sur les parapluies noirs qui l'encerclent. Il est temps d'amorcer la fin.
~
Tu me repoussas brutalement avant de partir en courant. Tu avais décidé de rattraper ton destin, et même le dépasser. Je n'ai rien su. Absolument rien. Mais le lendemain, alors que je voulais te voir, vérifier si tu allais bien, c'est moi qui tombai sur ton corps inanimé. Tu ne respirais plus. Les battements de ton c½ur si rassurants avaient disparu. Tu avais arrêté de vivre. Et, ironie du sort, tu avais arrêté de grandir, comme tu le désirais tant pour que tous tes souhaits deviennent réalités.
Même si tu as arrêté de croire en toi, moi je vois encore les ombres fuir pendant la nuit et les silhouettes majestueuses des navires se dessiner dans l'horizon.
Adieu, Peter Pan. »
~
Ryan jette un bouquet de boutons d'or et de pétunias sur la tombe. Jaunes et violets détonnant sur l'ensemble grisâtre de la scène. Les gens partent petit à petit, le couple de parents se lamentant bruyamment alors qu'ils n'avaient jamais connu leur enfant éternel. Une fois que le cimetière est vide, Ryan s'assied, pose son dos sur la pierre tombale, sort le carillon de sa poche, et en tourne tristement la manivelle.